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Réinventer l’innovation

par Ted Hewitt


Cet article a d’abord été publié en anglais dans le numéro de l’été 2018 du magazine ResearchLIFE de l’Université du Manitoba.


Au Canada, les sciences et l’innovation font aujourd’hui partie des priorités nationales.

Le gouvernement du Canada reconnaît que la science fondamentale est essentielle à la croissance économique et qu’il doit collaborer avec les innovateurs dans tous les domaines pour maximiser le potentiel des résultats de la recherche.

L’Université du Manitoba le sait fort bien, en tant que partenaire de la Supergrappe des industries des protéines, créée récemment pour cultiver, transformer et commercialiser les protéines végétales de façon novatrice. La supergrappe concentre ses activités sur la recherche génétique. Cependant, une expertise provenant de sciences humaines et sociales telles que le droit, l’économie, la sociologie, les affaires et l’éthique sera indispensable pour aider le Canada à devenir un chef de file de la production agricole et à nourrir le monde.

Les sciences humaines et sociales jouent un rôle important dans l’innovation. La collaboration est essentielle à la santé, au fonctionnement et à la durabilité de l’écosystème de l’innovation. C’est ce dont on a besoin pour éviter le pire des cauchemars de Jennifer Doudna.

La planète fait face à des problèmes graves qui sont d’envergure internationale : changements climatiques, migrations accrues, inégalités, économies en déclin, insécurité en matière de santé, de nourriture et d’eau et absence de cybersécurité. Les groupes militants défient les limites traditionnelles. Les mouvements populistes et radicaux surgissent partout dans le monde, et les changements qui se produisent dans la société et les économies remettent en cause la structure du commerce mondial et les relations internationales.

Dernièrement, j’ai participé à une mission à Mexico avec des collègues d’établissements d’enseignement postsecondaire du Canada et du Mexique. Nous avons surtout discuté de l’échange accru des talents, de la collaboration en recherche et des études supérieures des Autochtones.

Tout le monde reconnaît la nécessité de la collaboration internationale et interdisciplinaire pour répondre aux besoins de la société du 21e siècle.

De nos jours, une grande partie de la recherche fondamentale se fonde sur la résolution de problèmes et est effectuée par des équipes interdisciplinaires. Ainsi, les organismes subventionnaires de la recherche doivent continuer à trouver des moyens de collaborer. Il importe aujourd’hui plus que jamais de redynamiser l’écosystème de la recherche.

Les ministres Kirsty Duncan et Ginette Petitpas Taylor ont annoncé la création du Comité de coordination de la recherche au Canada (CCRC) en octobre dernier, dans le cadre de la suite donnée par le gouvernement fédéral aux recommandations de l’examen du soutien fédéral à la science fondamentale. Le CCRC a pour mandat d’améliorer la coordination entre les organismes subventionnaires de la recherche du Canada (le Conseil de recherches en sciences humaines, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et les Instituts de recherche en santé du Canada) et la Fondation canadienne pour l’innovation.

Les membres du CCRC travaillent de concert pour conférer au Canada la capacité accrue de progresser dans un contexte de recherche mondiale en évolution rapide, tout en se concentrant sur les priorités : consolider l’équité et la diversité en recherche, accroître la capacité des communautés autochtones de mener des recherches et de collaborer avec le milieu de la recherche et améliorer le soutien fourni à la prochaine génération de scientifiques et de chercheurs.

Le financement annoncé dans le budget de 2018 sera essentiel pour donner suite aux priorités du CCRC, en particulier les 3,8 millions de dollars qui ont pour but d’appuyer la collaboration avec les communautés autochtones et les parties prenantes, en vue de trouver de nouvelles façons d’effectuer des recherches concertées et d’établir avec le milieu de la recherche des partenariats dirigés par des chercheurs autochtones, ainsi que les 275 millions de dollars accordés sur cinq ans au fonds de recherche interorganismes pour des programmes axés sur la recherche internationale et interdisciplinaire qui présente des risques élevés, qui demande des résultats rapides et qui débouche sur de nouvelles connaissances.

Le budget de 2018 comprend également des fonds supplémentaires destinés au Programme des chaires de recherche du Canada, afin de mieux aider les chercheurs en début de carrière à réaliser leurs rêves. Ce sont eux qui, après tout, devront chercher et trouver des solutions susceptibles de régler les grands problèmes de demain.

Le CCRC s’emploie à relier de façon plus efficace les activités scientifiques gouvernementales et la recherche universitaire en vue d’améliorer les capacités de recherche et d’accroître le rayonnement et l’impact de la recherche. En appuyant et en favorisant la collaboration entre les secteurs universitaire, public, privé et sans but lucratif, à l’échelle nationale et internationale, il est possible d’examiner les tensions d’ordre culturel et technique qui se répercutent sur la santé, l’alimentation, l’environnement et tout le reste. Il devient ensuite possible de s’assurer que les connaissances acquises répondent aux besoins du milieu de la recherche au Canada ‒ et aux besoins de ceux qui mettront les connaissances en pratique.