Les citoyens peuvent avoir recours aux données pour améliorer leur ville

Le chercheur Ryan Burns, récent titulaire d’une subvention du CRSH, met l’accent sur les disparités en matière de diffusion publique de l’information

Date de publication : 2020-04-06 16:45:00

Aujourd’hui plus que jamais, et partout dans le monde, les gouvernements donnent accès à des ensembles de données dans un souci de transparence. La Ville de Calgary a commencé à donner accès à divers ensemble de données en 2012, et les citoyens peuvent faire des recherches dans les archives des accidents de la circulation, des statistiques sur la criminalité et même des demandes de permis.

Le public peut utiliser les ensembles de données de multiples façons, par exemple pour repérer les quartiers qui ont besoin de services sociaux ou qui présentent des lacunes quant aux services de l’administration municipale. Ainsi, en 2014, pour améliorer la sécurité dans la ville, un ingénieur a utilisé 16 années de données du service de police de Calgary pour créer une carte des endroits où avaient eu lieu des collisions avec des piétons.

Ryan Burns, professeur adjoint au Département de géographie de la Faculté des arts de l’University of Calgary, a reçu il y a peu une subvention du CRSH pour étudier les répercussions sociales de données spatiales massives et ouvertes.

« Mon imagination a des limites, dit-il, mais les citoyens pourraient vraiment tout faire, toutes sortes d’activités amusantes, par exemple tracer de nouveaux parcours de marathon dans la ville. Les possibilités sont infinies, à eux de jouer! »

Toutes les données ne sont pas accessibles au public

Monsieur Burns craint que le choix des ensembles de données qui sont diffusés n’entraîne des disparités. Les données routières de la Ville de Calgary en sont un exemple. En effet, il s’agit souvent du premier ensemble de données que les autorités municipales diffusent; or la Ville exige 1 000 $ pour cet ensemble de données, ce que M. Burns conteste.

« Pourquoi faut-il payer? Est-ce transparent? Les données routières, ajoute-t-il, peuvent être utiles pour concevoir des algorithmes permettant de tracer de nouveaux itinéraires et de trouver de meilleures façons de livrer de la pizza ou des marchandises ou même d’offrir des services sociaux. »

Il a voulu savoir pourquoi la Ville exigeait des frais et a appris qu’elle tentait ainsi de recouvrer une partie des coûts reliés à la collecte et à la tenue à jour des données.

De concert avec le personnel de la Ville de Calgary, M. Burns s’emploie à comprendre certaines des disparités observées et à mettre au point de nouveaux systèmes de données ouvertes. Dans le cadre de cette collaboration, il prépare un document visant à informer les responsables de l’élaboration des politiques au sujet de différentes manières de procéder, gratuites ou non, pour la diffusion des données. Il collabore aussi avec des organismes sans but lucratif de Calgary pour simplifier leurs pratiques d’échange de données, dans le but d’améliorer leur efficacité opérationnelle.

L’interprétation des données n’est pas chose facile

Monsieur Burns dit aussi que les citoyens ont l’impression que n’importe qui peut suspendre des ensembles de données et procéder à l’analyse statistique qui convient, mais selon lui, ce n’est pas si facile.

« Il faut, dit-il, avoir de solides compétences techniques et d’excellentes capacités d’interprétation. » Cela peut vouloir dire réussir des formations en technologie données gratuitement en ligne ou encore suivre des cours de niveau universitaire sur l’analyse qualitative ou quantitative, voire tous les types de formation possibles entre les deux. Les formations autonomes et en ligne ne remplacent certes pas un solide programme d’études structuré, mais elles rendent l’analyse des données ouvertes plus accessible au moyen d’outils comme Python, un langage de script, ou JavaScript, qui permet la visualisation Web. M. Burns estime que les administrateurs municipaux doivent offrir aux citoyens la possibilité d’exécuter des analyses de données ouvertes et qu’il doit y avoir rétroaction, pour que les efforts déployés se traduisent par des résultats tangibles.

Marta Cyperling, Relations extérieures, University of Calgary, a rédigé ce récit, qui a été publié dans le site Web de cette université.