Le laïus d’automotivation, ingrédient secret de meilleures performances sportives

Selon une étude menée à l’University of Saskatchewan, de plus en plus d’athlètes féminines comprennent aujourd’hui l’importance de prendre soin de leur bien-être mental

Date de publication : 2019-12-13 12:00:00

Le laïus d’automotivation est peut-être l’élément qui permet aux athlètes féminines d’améliorer tant leurs performances sportives que leur santé mentale, c’est ce que vient de démontrer une étude menée à l’University of Saskatchewan.

Margo Adam, doctorante en kinésiologie, a découvert que les athlètes féminines privilégient l’autocompassion – et non l’autocritique – comme stratégie incontournable pour améliorer leurs performances.

Ses travaux ont montré que les femmes qui déclarent faire preuve d’autocompassion peuvent repenser leurs défaites sportives, les transformer en expériences d’apprentissage au lieu d’y voir des échecs et manifester davantage de confiance face à des situations difficiles.

L’autocompassion est une croyance bouddhiste qui consiste à être indulgent envers soi-même et à s’accorder un soutien affectif face aux difficultés. Depuis le début des années 2010, Leah Ferguson, qui dirige la thèse de Margo Adam, fait des recherches sur l’autocompassion dans le sport. Elle a été parmi les premiers chercheurs à se pencher sur le sujet.

« Davantage d’athlètes féminines comprennent maintenant qu’il est important pour elles d’être attentives à leur bien-être mental tout au long de leur carrière sportive », dit Mme Ferguson.

Certaines athlètes ont mentionné qu’il leur avait été plus facile de parler aux entraîneurs de blessures pouvant les obliger à manquer des compétitions ou des entraînements. D’autres ont eu recours à l’autocompassion pour voir sous un jour positif les critiques de leurs entraîneurs ou d’autres athlètes.

« Elles pensent que l’autocompassion peut les aider à devenir de meilleures athlètes, sans être inutilement sévères envers elles-mêmes », précise Margo Adam.

Son étude, financée par le CRSH, organisme fédéral, et publiée dans Sport, Exercise, and Performance Psychology, a porté sur plus de 80 femmes de la Saskatchewan. Elle fait partie d’un projet de recherche plus vaste, auquel participent près de 300 athlètes qui prennent part à des compétions dans tout le Canada.

Les athlètes qui étaient plus indulgentes envers elles-mêmes avaient aussi un rapport plus positif avec leur image corporelle et avec la nourriture, et elles ressentaient davantage de bien-être.

« Notre société exerce énormément de pression sur les femmes en ce qui concerne leur apparence et, souvent, ce que la société attend est très différent de ce que le sport exige du point de vue de l’apparence physique. L’autocompassion aide les athlètes à accepter leur image corporelle et à adopter de meilleures habitudes alimentaires », selon Margo Adam.

Cette étude vient contredire les résultats de travaux précédents exécutés à l’University of Saskatchewan, qui avaient montré que les femmes voyaient dans l’autocritique un moyen d’améliorer grandement leur performance.

Les femmes qui ont participé à l’étude pratiquaient des sports tels que le hockey, le volley-ball, le soccer et le basketball, ainsi que la natation, la gymnastique et l’escrime.

« Nous avons reçu un soutien formidable de la part de Huskie Athletics et de Sask Sport Inc., qui nous ont aidées à trouver des athlètes féminines aux fins de l’étude et qui suivent nos travaux avec grand intérêt », dit Leah Ferguson. « Ils veulent que nous les aidions à comprendre comment on pourrait, un jour, inclure l’enseignement de pratiques d’autocompassion efficaces dans le cadre de l’entraînement sportif et que nous les aidions à sensibiliser les athlètes à cet égard. »

La majorité des femmes ayant participé à cette étude s’étant identifiées comme Canadiennes d’origine européenne, les chercheures espèrent qu’à l’avenir elles pourront travailler avec des athlètes autochtones et étrangères, ainsi qu’avec des athlètes féminines transgenres, tout en explorant des contextes sportifs moins « habituels ».

Cet article a été rédigé par Federica Giannelli, doctorante et stagiaire en communication au USask Research Profile and Impact Unit, et il faisait partie du dossier 2019 Young Innovators series préparé par le USask Research Profile and Impact Unit, en partenariat avec le quotidien Saskatoon StarPhoenix.