Repenser les études supérieures : préparer la prochaine génération à l’économie numérique mondiale

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Le projet

Ce projet de synthèse des connaissances a examiné en quoi les études supérieures ne répondent pas aux besoins des étudiantes et étudiants et du marché du travail. L’équipe du projet souligne l’urgence de se doter d’études postsecondaires qui soient accessibles, de grande qualité et abordables pour préparer les universitaires à réussir dans un monde de plus en plus mondialisé et numérique, où la grande complexité et la concurrence dominent. Les compétences et les outils essentiels à une carrière fructueuse à long terme – résolution de problèmes, pensée critique, créativité, coopération, tolérance et collaboration – sont en phase avec les qualités attendues d’une citoyenne ou d’un citoyen.

La recherche documentaire a permis de rassembler plus de 3 000 documents. Après sélection, 172 d’entre eux ont été retenus et analysés afin d’en extraire les façons de faire actuelles et les bonnes pratiques pour l’élaboration de programmes, les cadres pédagogiques, les applications des sciences de l’apprentissage et les nouvelles méthodes et innovations. L’équipe a cerné neuf obstacles fondamentaux aux études supérieures dans les modèles d’enseignement classiques. Elle a ensuite trouvé 12 collèges et universités qui ont repensé leurs façons de faire et ont recours à des modèles novateurs. Des reportages, des articles et des entrevues avec des parties prenantes ont été passés au peigne fin pour obtenir de l’information détaillée à propos de chacun des établissements. Les résultats ont fait l’objet d’une synthèse permettant de recommander de bonnes pratiques pour assurer l’avenir des études supérieures.

Les principales constatations

L’examen de la documentation a permis de dégager neuf obstacles à des études postsecondaires accessibles à toutes et tous, de grande qualité et abordables. Ils se répartissent en deux grands groupes.

  1. Raisons pour lesquelles une étudiante ou un étudiant n’obtient pas de diplôme universitaire :
    • inégalités quant à l’accessibilité sur le plan financier;
    • inégalités quant à l’accessibilité géographique;
    • manque de transparence du processus d’admission;
    • attrition et inégalités dans la rétention;
    • santé et bien-être des étudiantes et étudiants;
    • difficultés de transformation des études supérieures en contexte colonial.
  2. Raisons pour lesquelles une étudiante ou un étudiant n’a pas la préparation qui est nécessaire pour la vraie vie après la diplomation :
    • peu d’utilisation des technologies pour l’amélioration de la pédagogie;
    • méthodes et contenus pédagogiques dépassés;
    • absence de compétences pertinentes pour le marché du travail.

L’examen a aussi permis de repérer 12 universités et collèges innovants qui évitent ces écueils : University of Technology Sydney, Minerva University, First Nations University, Paul Quinn College, College of the Atlantic, Hampshire College, Antioch College, Arizona State University, New School at Dawson College, Bryn Mawr College, Quest University et Alverno College.

Après examen de ces établissements d’enseignement, de 68 articles spécialisés et de 104 autres documents, neuf bonnes pratiques sont recommandées aux collèges et aux universités :

  • réduire les frais et (ou) offrir des possibilités de travail rémunéré;
  • offrir des programmes parallèles en personne, en ligne et hybrides, avec un horaire flexible;
  • recourir à un processus d’admission uniformisé, transparent et équitable;
  • mettre en place des programmes d’aide à la réussite pour les étudiantes et les étudiants de première année;
  • adopter une approche proactive en santé mentale et bien-être;
  • augmenter le nombre d’Autochtones au sein du corps professoral, du personnel et parmi les étudiantes et étudiants, intégrer du contenu autochtone exact et renforcer les liens avec les communautés autochtones;
  • mettre les innovations technologiques au service de l’innovation pédagogique;
  • être au diapason des plus récentes recherches et innovations dans l’ensemble des disciplines et se fonder sur les sciences de l’apprentissage;
  • préparer les étudiantes et les étudiants à la vie après l’université par des relations de soutien, des apprentissages en profondeur et des expériences pratiques.

Ce que cela suppose pour les politiques

  • Inégalités quant à l’accès et au soutien. La pandémie de COVID-19 a braqué les projecteurs sur les inégalités, faisant ressortir celles qui existaient déjà et accentuant les difficultés vécues par les étudiantes et étudiants économiquement défavorisés et généralement sous-représentés. Lorsqu’il est impossible d’agrandir le campus pour accueillir une population étudiante plus nombreuse, l’amélioration des infrastructures Internet est essentielle pour répondre aux besoins de celles et ceux qui sont en région éloignée. Une éducation équitable exige également des établissements qu’ils favorisent le bien-être afin que les chances de réussite soient égales pour tout le monde.
  • Innovations pédagogiques. Les établissements doivent comprendre les fondements des sciences de l’apprentissage et les intégrer à leurs programmes. Chaque cours devrait comporter des activités pédagogiques et parascolaires compatibles avec ses objectifs, et les personnes qui créent et celles qui enseignent le programme doivent avoir une vision commune de ces objectifs et de l’épanouissement des étudiantes et étudiants. Les établissements doivent également suivre les tendances de l’industrie et adapter leurs programmes pour qu’ils répondent aux besoins du marché du travail.
  • Innovations technologiques. Compte tenu de la nature évolutive et de l’accélération rapide des connaissances, le corps professoral doit se tenir au fait des dernières innovations technologiques et des domaines de recherche prometteurs pour susciter l’intérêt et piquer la curiosité des étudiantes et étudiants. Lorsque de nouvelles technologies voient le jour, il faut se demander si ces dernières peuvent s’avérer bénéfiques pour les méthodes d’enseignement; les infrastructures technologiques ne servent à rien si elles ne sont pas conjuguées à l’utilisation de techniques des sciences de l’apprentissage.

Complément d’information

Rapport intégral (en anglais)

Coordonnées des chercheurs

Daniel J. Levitin, professeur émérite James McGill, Département de psychologie, Université McGill daniel.levitin@mcgill.ca

Les opinions exprimées dans cette fiche sont celles des auteurs; elles ne sont pas celles du CRSH, du Centre des Compétences futures ni du gouvernement du Canada.

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