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Lauréate du prix Savoir 2019

Leah F. Vosko

Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie politique du sexe et du travail
Département de sciences politiques
Faculté des arts libéraux et des études professionnelles
Université York


Sans l’appui du CRSH, notamment pour la recherche interdisciplinaire menée sur un vaste territoire, les initiatives auxquelles j’ai participé et les résultats qu’elles ont permis d’obtenir, ainsi que les répercussions que tous mes collaborateurs ont eues sur les politiques, n’auraient jamais été possibles.


À bien des égards, un nombre croissant de personnes occupent des emplois précaires. C’est pourquoi Leah Vosko, plus grande spécialiste canadienne de l’emploi précaire sur les scènes nationale et internationale, veut changer les choses.

Professeure à l’Université York depuis 2001 et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’économie politique du sexe et du travail, Mme Vosko a grandement fait avancer la recherche dans son domaine.

Qu’est-ce que l’emploi précaire?

Les recherches avant-gardistes de Mme Vosko ont permis l’utilisation généralisée du concept d’emploi précaire et l’élaboration de méthodes novatrices pour le mesurer. La chercheure définit l’emploi précaire comme étant un travail contre rémunération caractérisé par l’incertitude, un revenu faible et un accès limité aux mesures de protection réglementaires.

Avant la publication des résultats de ses recherches, plusieurs croyaient que seuls les emplois atypiques (comme le travail temporaire et à temps partiel rémunéré, et le travail indépendant en solo) pouvaient être précaires. Pourtant, les travaux de recherche de Mme Vosko révèlent que même les emplois jugés conventionnels (comme le travail permanent à temps plein rémunéré) peuvent être instables. Ses recherches font également ressortir le lien qui existe souvent entre la précarité et des facteurs sociaux, comme le sexe, la race, l’âge, la citoyenneté, le statut d’immigrant et la capacité ou l’incapacité.

Madame Vosko explique qu’elle était déterminée à mieux comprendre l’insécurité sur le marché du travail en étant attentive à l’expérience vécue par les travailleurs. Selon elle, ses travaux sur les sources d’insécurité sur le marché du travail et les solutions à ce problème sont interdisciplinaires, car ils se trouvent au croisement des études sur les sexes et la migration, l’économie politique, le droit et la politique.

Des chercheurs du monde entier ont adopté son concept de l’emploi précaire. Ses travaux ont aussi servi à l’élaboration de politiques qui tiennent davantage compte de l’insécurité sur le marché du travail.

De la théorie à la politique : atténuer l’insécurité sur le marché du travail

Les travaux de recherche actuels de Mme Vosko examinent à la fois l’application des normes d’emploi et l’accès aux droits du travail et aux mesures de protection des travailleurs migrants temporaires. Elle compte utiliser les fonds associés au prix Savoir pour élargir la portée de ses travaux sur la conformité à la partie III du Code canadien du travail, qui s’applique aux travailleurs et aux employeurs du secteur privé sous réglementation fédérale. Elle utilisera également ce financement pour analyser la mesure dans laquelle l’expulsion – ou les menaces et actes d’expulsion – prive les travailleurs migrants temporaires de leurs droits.

Leah Vosko a été une pionnière dans les recherches sur la précarité du marché du travail. Elle a en outre mis en lumière la sous-évaluation du travail des femmes, étudié la dynamique de l’expulsion et démontré le manque généralisé d’application des normes du travail. En sensibilisant le public à ces problèmes, elle a profondément marqué les politiques publiques.

Ses travaux de recherche ont orienté la législation du travail en Ontario et ailleurs. De plus, Mme Vosko a récemment été consultée au sujet de la modernisation du Code canadien du travail. Son travail à Statistique Canada et à l’Organisation internationale du travail a également contribué à l’établissement de nouveaux indicateurs de précarité.

Ses efforts soutenus, notamment dans le cadre de deux projets de partenariat communautés-universités financés par le CRSH, l’ont amenée à travailler avec des organisations de travailleurs, le gouvernement, des chercheurs d’établissements d’enseignement postsecondaire de partout au Canada et d’ailleurs, ainsi que des agences statistiques nationales et internationales. Les résultats de ces travaux ont aidé les organisations gouvernementales et non gouvernementales à sensibiliser le public au problème monumental de l’emploi précaire et à lutter pour le changement.

Afin de renforcer la capacité de recherche, Mme Vosko a créé trois bases de données de recherche uniques qui font le lien entre les données et la théorie. Ces outils l’aident à former une nouvelle vague de spécialistes en sciences sociales qui étudient les questions liées au marché du travail.

Au sujet des prix Impacts

Décernés chaque année, les prix Impacts visent à souligner les meilleures réalisations ayant émané d’activités de recherche et de mobilisation des connaissances que le CRSH a financées, ainsi que les meilleures réalisations ayant découlé de l’attribution d’une bourse du CRSH.

Le prix Savoir du CRSH souligne les réalisations exceptionnelles d’un chercheur ou d’une équipe dont le projet a contribué de façon substantielle à l’enrichissement des connaissances et a favorisé une meilleure compréhension de l’être humain, de la société et du monde.

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