Portés disparus

Une technique 3D au service des peuples autochtones du Canada

Date de publication : 2007-10-09 13:20:57

Selon l’anthropologue judiciaire Tanya Peckmann, les policiers ne disposent pas de tous les outils dont ils ont besoin pour résoudre les crimes violents commis au Canada, dont sont particulièrement victimes les autochtones.

« Jusqu’à maintenant, les autochtones ont été ignorés par la communauté scientifique judiciaire », indique la professeure de la Saint Mary’s University d’Halifax. « La reconstitution de visage en trois dimensions est une technique essentielle à l’identification des personnes disparues et des restes humains, mais faute de données, nous ne sommes pas encore en mesure de l’utiliser avec précision pour les personnes d’origine autochtone. »

En étroite collaboration avec la communauté des Premières nations Membertou de la Nouvelle-Écosse, M
me Peckmann entreprend donc le premier programme visant à recueillir des données sur l’épaisseur des tissus faciaux des autochtones, qui diffère d’un groupe ethnique à un autre. « Ces données varient en fonction de l’âge, du sexe et de l’origine, explique la chercheure. Le fait de ne pas connaître l’épaisseur de ces tissus a désavantagé les peuples autochtones dans le système judiciaire canadien. »

La recherche de M
me Peckmann pourrait donc permettre de résoudre de nombreuses affaires en suspens liées à la disparition d’autochtones. « Si l’on veut retrouver un enfant disparu depuis quelques années, il faut avoir une idée de ce à quoi il ressemble aujourd’hui, indique la chercheure. La reconstitution en trois dimensions ne sera pas parfaite, mais, si elle évoque l’image de la victime, nous pourrons identifier plus d’enfants disparus et leur permettre de retrouver leur famille. »

M
me Peckmann ajoute que cette recherche représente un autre pas important vers l’égalité des droits des peuples autochtones du Canada. « Nous voulons donner un visage à ces victimes, car elles ne sont pas des inconnues, conclut Mme Peckmann. Elles sont la sœur, la fille ou la mère de quelqu’un et méritent d’être retrouvées. »

La recherche de Tanya Peckmann sur la médecine légale est financée par le programme des
Réalités autochtones du CRSH.