Une collaboration avec les Premières Nations de la côte centrale applicable ailleurs en Colombie-Britannique et dans le monde

 

Date de publication : 2018-03-02 14:30:00

Depuis des millénaires, les récits des peuples des Premières Nations qui vivent le long de la côte centrale de la Colombie-Britannique font état de l’abondante vie marine, notamment de la présence de deux espèces importantes sur les plans culturel et écologique, le crabe dormeur et le sébaste aux yeux jaunes.

Aujourd’hui, toutefois, ces deux espèces connaissent un tel déclin qu’elles ne permettent plus de répondre aux besoins alimentaires et rituels des Autochtones. Il y a quelque temps, afin de combler les lacunes dans les données, des pêcheurs autochtones ont fourni de l’information à des chercheurs.

« On reconnaît de plus en plus que les connaissances traditionnelles et locales en écologie peuvent venir compléter les données recueillies et améliorer la gestion des ressources halieutiques. Fruits de toute une vie, les observations des peuples autochtones sont complémentaires de celles qui sont obtenues dans un cadre scientifique », affirme Natalie Ban, spécialiste de la conservation (études environnementales) à l’University of Victoria.

Deux espèces importantes sur les plans culturel et écologique

La Central Coast Indigenous Resource Alliance (qui regroupe les nations Wuikinuxv, Nuxalk, Kitasoo/Xai’xais et Heiltsuk) a collaboré avec Natalie Ban à la rédaction de deux publications récentes sur la situation des espèces susmentionnées. Au moyen d’entrevues avec des pêcheurs autochtones, Mme Ban et ses collaborateurs ont pu remédier aux lacunes dans les données sur le crabe dormeur (au sujet duquel il n’y avait aucune donnée pour la région à l’étude) et sur le sébaste aux yeux jaunes (pour lequel la collecte de données avait débuté en 2003).

« Nous avons observé une baisse importante des prises de crabe dormeur et, selon nos travaux de modélisation, environ huit des neuf sites de pêche n’ont pas suffisamment de crabes pour permettre aux pêcheurs autochtones de répondre aux besoins de leur famille », dit Alejandro Frid, coordonnateur scientifique de la Central Coast Indigenous Resource Alliance, qui est professeur adjoint à l’University of Victoria et l’un des coauteurs des deux études.

« Les sébastes aux yeux jaunes sont deux fois plus petits qu’autrefois, ce qui signifie que bon nombre d’entre eux sont pêchés avant d’avoir eu la possibilité de se reproduire », affirme Natalie Ban.

Au fil des millénaires, les peuples des Premières Nations du littoral de la Colombie-Britannique ont mis au point des stratégies de gestion complexes adaptées aux espèces se trouvant sur leur territoire. Ces stratégies sont transmises d’une génération à l’autre par le truchement des récits, des cérémonies, des coutumes familiales, des normes et des pratiques de pêche.

« En dépit des effets de l’industrialisation et de la colonisation, fait remarquer Natalie Ban, les communautés récoltent toujours les ressources de la mer pour se nourrir et assurer la pérennité de leur culture, et elles essaient d’en influencer la gestion. »

Madame Ban espère d’ailleurs qu’en tenant compte à la fois des connaissances autochtones et des données scientifiques – et en les intégrant, au besoin – il sera possible de résoudre les difficultés que connaissent les pêches et d’arriver à un mode de collaboration susceptible d’être mis en application en Colombie-Britannique et ailleurs dans le monde.

Les travaux que Natalie Ban exécute en collaboration avec les Premières Nations de la côte centrale ont donné lieu, entre autres, à la création récente, avec Pêches et Océans Canada, d’un groupe de travail qui vise à améliorer la gestion du crabe dormeur en se fondant sur des données probantes.

Le Marine Environmental Observation, Prediction and Response Network (MEOPAR), le Conseil de recherches en sciences humaines, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le National Geographic, la Tides Canada Foundation et le BC Marine Planning Fund ont financé les projets de recherche.

Les deux articles scientifiques sont consultables en ligne (en anglais).


Cet article a été rédigé par Anne MacLaurin, agente des communications à l’University of Victoria, et publié (en anglais) le 14 décembre 2017 sur le site Web de cette université. Le CRSH a attribué une subvention Savoir pour l’exécution des travaux de recherche.