Écouter les gestes de la jeunesse

Un partenariat international se penche sur la face cachée des villes

Date de publication : 2018-02-07 16:00:00

Dans l’idéal, l’espace public a l’apanage d’appartenir à tous. Chacun peut l’occuper à sa façon, chacun lui donne vie différemment. Selon sa nature et sa situation, l’espace public est conçu pour jouer un rôle dans la société, mais au final, la société lui attribuera elle-même son rôle. De Montréal à Hanoï, de Mexico à Paris, la jeune génération module, transforme et s’approprie l’espace public et lui donne un sens que souhaite comprendre le partenariat Tryspaces (Transformative Youth Spaces).

Mis en place par la professeure Julie-Anne Boudreau de l’INRS, son équipe et ses collaborateurs, Tryspaces s’est mis en action cet automne lors d’une rencontre hors de l’ordinaire. Quarante personnes de vingt-six organisations partenaires, des milieux universitaire, technoartistique et social, y ont pris part. Orchestré par la dynamique coordonnatrice Alexia Bhéreur-Lagounaris, le groupe s’est activé pendant deux jours à mettre en place des projets ainsi que des mécanismes de collaboration et de création. 

Quatre villes sont sous la loupe de Tryspaces : Montréal, Paris, Hanoï et Mexico. Quatre réalités fort différentes qui feront l’objet de collectes de données et de projets de type living lab. À titre d’exemple, la façon dont l’art de rue qui était d’abord transgressif s’est tranquillement institutionnalisé à Montréal fera l’objet d’une étude de cas. Comment la subversion survit-elle à l’institutionnalisation? 

À Hanoï, Tryspaces s’intéressera, entre autres, au sort des jeunes migrants ruraux qui sont stigmatisés. Comment adaptent-ils leurs comportements dans les espaces publics en réponse à la discrimination?

Dans chaque ville à l’étude, l’espace public incarne de multiples portes vers des univers transgressifs variés. Comme les membres de Tryspaces l’ont définie durant leur rencontre de démarrage, la transgression peut être une affirmation, une résistance, un apprentissage, mais elle est toujours en rupture et basée sur une relation (sociale, avec l’autorité, etc.). Interpréter la transgression permet de découvrir des motivations et des réalités qui sont souvent discrètes.

Adoptant une approche de recherche collaborative, le partenariat planifie son incursion du côté caché des villes sur une période de six ans. Des liens tissés avec les jeunes découleront des performances, des outils tels que des cartographies narratives, des créations multimédias. Les données recueillies permettront de produire des avis de politiques publiques, des guides d’action et de multiples interventions. 

Plutôt que de réprimer la transgression, mieux vaut écouter ce qu’elle nous dit. 


Quatre villes en vidéo

Hanoi
par Vincent Baumont

Paris
par Leila

Montréal
par Kabisha

Mexico
par Rodrigo Olvera


Adaptation d’un article rédigé par Stéphanie Thibault, conseillère en communications à l’INRS qui a été publié le 9 janvier 2018 sur le site Web de l’établissement.