Lauréat du Prix Savoir: James Waldram

James Waldram

Lauréat du prix Savoir

James Waldram

Département d’archéologie et d’anthropologie

University of Saskatchewan

Biographie

James Waldram est un anthropologue médical de renommée mondiale dont les travaux sont considérés comme la norme de référence en ce qui concerne les connaissances au sujet de la santé et des pratiques de guérison des Autochtones. En fait, on voit en lui un pionnier de la recherche autochtone au Canada.

Il a enrichi les connaissances sur l’efficacité des pratiques de guérison traditionnelles et sur les facteurs historiques, culturels, spirituels et physiologiques complexes qui influent sur la santé et le bien-être des peuples autochtones, ce dont ont profité aussi bien les Autochtones que les non-Autochtones du Canada.

Ses travaux, qui rayonnent bien au-delà des frontières canadiennes, contribuent à restabiliser les sociétés autochtones partout dans le monde après des siècles de politiques gouvernementales qu’il qualifie de colonialistes et estime nuisibles à la santé des collectivités.

Il veut faire connaître les expériences de personnes qui ont recours à des formes contemporaines de pratiques de guérison traditionnelles. Il a beaucoup travaillé en collaboration avec des populations autochtones du Canada et d’Amérique centrale, dans des cliniques, des prisons, des hôpitaux et au sein de collectivités.

Partout dans le monde, les peuples autochtones le tiennent en haute estime. Ainsi, un groupe de guérisseurs traditionnels Mayas du Belize l’a invité à diriger une équipe de recherche, et cela a donné lieu au film Healthy People, Beautiful Life: Maya Healers of Belize, qui a été produit sous la direction de l’association des guérisseurs Mayas de ce pays. Le film est largement diffusé au Belize et peut être visionné dans Vimeo. Il fait état des connaissances et des pratiques des guérisseurs Mayas Q’eqchi’ telles qu’elles existent aujourd’hui et cerne les difficultés auxquelles ils font face pour préserver leurs pratiques de guérison et leurs traditions culturelles.

M. Waldram enseigne l’anthropologie à l’University of Saskatchewan. Il a publié 14 livres et a signé 19 chapitres dans des ouvrages portant sur la santé et les pratiques de guérison des Autochtones, dont plusieurs sont au programme d’universités nord-américaines et australiennes, ainsi que plus de 40 articles dans des revues scientifiques. Il a été mentor auprès d’étudiants des cycles supérieurs et a reçu de nombreuses distinctions. Il a, entre autres, été élu membre de la Société royale du Canada.

Au sujet des prix Impacts

Décernés chaque année, les prix Impacts visent à souligner les meilleures réalisations ayant émané d’activités de recherche et de mobilisation des connaissances que le CRSH a financées, ainsi que les meilleures réalisations ayant découlé de l’attribution d’une bourse du CRSH.

Le prix Savoir du CRSH souligne les réalisations exceptionnelles d’un chercheur ou d’une équipe dont le projet a produit d’importantes contributions en matière de connaissances et a favorisé une meilleure compréhension de l’être humain, de la société et du monde.

Sur quoi portent vos travaux?

Je cherche à comprendre le processus thérapeutique – en particulier les notions de guérison et de bien-être – dans des contextes culturels donnés. Il faut pour cela mettre l’accent sur les systèmes de connaissances autochtones qui ont trait aux pratiques de guérison. Ces systèmes demeurent très dynamiques partout dans le monde et s’avèrent fort utiles aussi bien pour les Autochtones que pour ceux qui sont prêts à faire preuve d’une réceptivité respectueuse. J’ai toujours voulu que mes partenaires de recherche et toutes les personnes qui participent à mes travaux d’une manière ou d’une autre en bénéficient.

Vos travaux montrent que les pratiques de guérison traditionnelles des Autochtones sont optimales pour les collectivités autochtones du monde entier. À votre avis, y a-t-il des éléments de ces pratiques que les non-Autochtones auraient intérêt à adopter?

Mes recherches montrent que les connaissances traditionnelles des Autochtones et les pratiques de guérison qui y sont associées demeurent valables pour favoriser la santé et le bien-être dans le monde d’aujourd’hui. En abordant le processus thérapeutique sous l’angle culturel, mes travaux rappellent aux non-Autochtones que toute rencontre thérapeutique est une manifestation culturelle.

De quelles réalisations êtes-vous le plus fier jusqu’à maintenant?

C’est le programme de recherche que j’ai mené en collaboration avec les guérisseurs Mayas Q’eqchi’ du sud du Belize qui me rend le plus fier. J’ai pu être en relation avec eux depuis plus de dix ans grâce à trois subventions successives reçues du CRSH. Nous nous rencontrons plusieurs fois par année pour planifier les nouvelles phases de la recherche, discuter des résultats des travaux antérieurs et continuer d’alimenter un ensemble de données massives regroupant les connaissances sur les pratiques de guérison traditionnelles que nous avons amassées. […] Je m’efforce de donner suite au souhait des guérisseurs avec qui je collabore, soit faire connaître au monde entier le travail très utile qu’ils accomplissent.

En ce qui concerne vos travaux, que souhaitez-vous que les Canadiens retiennent le plus?

Je veux que les Canadiens se rendent compte de la richesse et de la valeur des connaissances autochtones contemporaines. Je veux qu’ils voient que ces travaux qui sont subventionnés par le CRSH et menés avec des peuples autochtones offrent une excellente occasion aux Autochtones et aux autres d’apprécier davantage cet aspect de l’accomplissement intellectuel de l’être humain. J’aimerais également que les Canadiens sachent que la recherche en anthropologie produit des connaissances approfondies et opportunes qui sont d’une extraordinaire utilité pour ce qui est des grands enjeux auxquels l’humanité fait face.