Prix Partenariat


George Nicholas

George Nicholas

Simon Fraser University
Prix Partenariat de 2013


Professeur d’archéologie de la Simon Fraser University, George Nicholas est le lauréat du nouveau prix Partenariat du Conseil de recherches en sciences humaines. À titre de directeur du projet « Intellectual Property Issues in Cultural Heritage » et de concert avec ses collègues, il fait la promotion d’un modèle de recherche concertée qui favorise l’autonomisation et la protection des communautés autochtones tout en contribuant à l’enrichissement de la recherche universitaire.

Élaboré par M. Nicholas en collaboration avec Julie Hollowell, de l’Indiana University, et Kelly Bannister, de l’University of Victoria, ce projet porte sur les valeurs, les responsabilités et les droits liés aux objets et aux lieux patrimoniaux ainsi que sur les valeurs intangibles et le savoir culturel qui leur donnent un sens.

On fait ici référence aux artefacts et aux sites ancestraux, à l’art, à la musique, aux histoires orales et aux pratiques sacrées, qui, souvent, revêtent tous une importante valeur culturelle, économique et spirituelle. « La propriété intellectuelle culturelle fait partie intégrante de l’identité, de la vision du monde et de l’héritage des personnes et des communautés, explique le professeur d’archéologie, mais elle est souvent associée au domaine public et la loi ne la protège donc pas toujours de manière adéquate. »

Le projet réunit plus de 50 chercheurs, 25 organisations partenaires et 15 communautés autochtones du Canada et d’ailleurs, qui ont collaboré avec la Commission de vérité et réconciliation du Canada, la Fiducie du patrimoine inuit et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.

Les partenariats qui ont été mis en place sont fondés sur un concept simple : les chercheurs et les participants de la recherche sont égaux dans le processus de prise de décision. « Nous utilisons un nouveau modèle pour nous assurer qu’en matière de patrimoine culturel, les communautés profitent directement de la recherche à laquelle elles participent. Dans le modèle habituel, ce sont plutôt les universitaires qui profitent des résultats de leur recherche », indique M. Nicholas.

L’équipe de recherche veut aussi limiter l’utilisation inappropriée du patrimoine culturel en éduquant ceux qui ne comprennent pas bien sa valeur culturelle, économique et spirituelle ou qui n’en sont pas vraiment conscients.

Par exemple, la Fiducie du patrimoine inuit a fait part à l’équipe de ses préoccupations concernant l’exclusivité de ses modèles de vêtements traditionnels, en particulier les parkas, qui étaient vendus par des dessinateurs de mode. « Les Inuit avaient alors peu de recours juridiques pour remédier à la situation », se rappelle le directeur du projet.

Pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise, l’équipe de recherche propose des ressources et offre du soutien aux communautés autochtones et aux chercheurs universitaires qui s’intéressent au patrimoine culturel, et elle s’applique à sensibiliser le grand public à cette question. « Je crois que la grande majorité des gens sont prêts à faire les bonnes choses pour respecter la culture d’autres communautés, mais qu’ils ne savent pas quelles sont ces bonnes choses », estime M. Nicholas.

Travailler en partenariat avec autant de communautés, de chercheurs, d’universités et d’organisations requiert du temps. Il faut franchir diverses étapes sur le plan de l’éthique, gérer la logistique sur les plans juridique et financier et effectuer la recherche proprement dite. George Nicholas croit cependant que le jeu en vaut la chandelle quand il permet aux communautés autochtones de garder le contrôle sur leurs propres affaires culturelles. « C’est très gratifiant, mais c’est aussi très, très difficile à faire », admet-il.

Plusieurs initiatives connexes sont en cours, y compris la réalisation de vidéos mettant en valeur les données recueillies et un projet d’attribution de licences traditionnelles qui permettra aux peuples autochtones de définir précisément les niveaux d’accès associés aux biens de leur patrimoine qu’ils mettent à la disposition du public. Ayant soutenu plus de 65 étudiants à ce jour, « Intellectual Property Issues in Cultural Heritage » contribue aussi à la formation de la prochaine génération de chercheurs.

« Par un vaste programme d’éducation, il serait possible d’atteindre un point d’équilibre où les communautés autochtones se sentent satisfaites de voir leur patrimoine protégé et respecté et où les membres de la collectivité qui sont conscients de ce patrimoine et qui souhaitent en bénéficier puissent le faire de façon respectueuse et non préjudiciable. »