Médaille d’or


Barry Smit

Barry Smit

University of Guelph
Médaille d’or de 2013


Pionnier et chef de file mondial de la recherche portant sur l’impact qu’a le changement climatique sur l’être humain, Barry Smit se voit attribuer la plus haute distinction remise par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) en 2013, soit la Médaille d’or.

M. Smit, qui enseigne la géographie à l’University of Guelph, accepte ses lauriers avec humilité, lui qui a maintes fois été honoré pour ses travaux. Il a notamment reçu l’Ordre de l’Ontario, la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II et le prix pour Distinction universitaire en géographie de l’Association canadienne des géographes. « Je crois que beaucoup d’autres chercheurs du Canada auraient mérité une telle marque d’estime, souligne-t-il. Pour moi, la Médaille d’or du CRSH représente une reconnaissance officielle de mon domaine de recherche et de ma discipline. »

En 1980, ce géographe faisait partie d’une poignée de chercheurs qui étudiaient le changement climatique. Il admet qu’à l’époque, il n’avait pas conscience de l’ampleur de l’enjeu. Son équipe était en train de mettre au point un modèle visant à prédire les effets du changement climatique sur l’agriculture lorsque deux sous-ministres l’ont approché. « Ils m’ont dit : “Le changement climatique semble être un enjeu sérieux. Nous voulons savoir ce qu’il pourrait signifier pour l’économie canadienne, en particulier pour les secteurs susceptibles d’être touchés”, se rappelle-t-il. Nous étions l’un des premiers groupes de recherche à s’intéresser à l’impact du changement climatique sur l’économie et les collectivités. »

Ces premières analyses ont été suivies de beaucoup d’autres. Le professeur est un chef de file du développement de la science et des pratiques d’adaptation au changement climatique. Ses travaux l’ont amené à voyager dans 68 pays et des dizaines de villes et de villages dans certaines des régions les plus éloignées du monde. Aujourd’hui, les chercheurs, les gouvernements et les organismes de développement du Canada et d’ailleurs ont souvent recours aux concepts de Barry Smit.

À titre de titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les changements de l’environnement à l’échelle mondiale, le chercheur est devenu un ardent défenseur des sciences sociales dans le domaine du changement climatique. D’ailleurs, dans le cadre de ses travaux, il collabore avec des climatologues, des économistes, des écologues, des politologues, des océanographes et des sociologues. En 2007, le chercheur a été l’un des auteurs principaux du rapport sur les changements climatiques du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU. La même année, le Groupe d’experts a partagé le prix Nobel avec l’ancien vice-président américain Al Gore.

Même si l’enjeu du changement climatique est complexe, M. Smit croit que les résultats de recherche peuvent être communiqués en langage clair et simple aux entreprises, aux responsables de l’élaboration de politiques et au grand public. « Si j’arrive à les expliquer à ma tante âgée, j’ai réussi. Sinon, je dois continuer à travailler pour les rendre compréhensibles », illustre-t-il.

Orateur chevronné, Barry Smit n’hésite pas à chanter et à jouer de la guitare lors de ses conférences afin de bien faire comprendre son message. « Le changement climatique n’est passeulement un enjeu environnemental, mais aussi un enjeu social, économique, environnemental, technologique et politique. Les universitaires devraient pouvoir aborder cette synergie, et les politiques publiques devraient en tenir compte », conclut-il.

« Au sein des gouvernements, des entreprises et des universités, il y a une tendance à considérer le volet "environnement" comme étant séparé de la vie quotidienne et de la composante économique. Cela m’a toujours paru étrange. Si j’ai une mission à accomplir, c’est probablement celle de démontrer l’interdépendance de ces aspects dans mes travaux. »