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Jean-François Bissonnette

Bourse William-E.-Taylor du CRSH

Bourse William-E.-Taylor du CRSH : Jean-François Bissonnette  

« La marchandisation de la nature, comme c’est le cas en Asie du Sud-Est avec les plantations de palmiers à huile, soulève des problèmes quant aux droits des travailleurs de ces plantations et à la répartition des ressources foncières. C’est une question qui me passionne. »

Étudiant au doctorat en géographie à l’University of Toronto, Jean‑François Bissonnette a eu la piqûre pour la recherche internationale durant ses études de premier cycle. « En fin de baccalauréat, raconte-t-il, j’ai réalisé un projet de recherche cartographique sur l’expansion des plantations de palmiers à huile en Malaysia orientale pour la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques de l’Université de Montréal, occupée par Rodolphe De Koninck. »

Outre ses expériences de terrain, le chercheur de 27 ans a écrit des articles qui ont été publiés dans des revues spécialisées ainsi que deux chapitres de livre et a fait l’apprentissage de l’indonésien, un atout qui lui vaut la confiance des travailleurs indonésiens. « Les gens sont généralement touchés et heureux de voir qu’un étranger parle leur langue », ajoute-t-il avec respect et passion.

Dans le cadre de son doctorat, Jean-François Bissonnette s’intéresse aux transformations socioéconomiques majeures causées par l’expansion rapide des plantations de palmiers à huile en Indonésie. « En Asie du Sud-Est, mais aussi dans toute la ceinture tropicale, explique-t-il, la conversion des terres forestières en plantations de palmiers dont l’huile est destinée à la consommation humaine et à la production de biodiésel connaît une expansion sans précédent. Cette expansion entraîne des retombées discutables pour les travailleurs, alors qu’elle a des conséquences majeures sur l’environnement biophysique. »

Afin de bien comprendre la reconfiguration économique et sociale de l’espace rural qui touche cette région du globe, le chercheur analyse les politiques du gouvernement indonésien, mais surtout, il va sur le terrain pour observer les effets qu'a cette reconfiguration sur les conditions de vie des travailleurs. Il a réalisé plus d’une cinquantaine d’entrevues avec des travailleurs, des contremaîtres et des recruteurs. « Les travailleurs indonésiens possèdent une connaissance approfondie des limites et du potentiel liés à la production d’huile de palme, soutient-il. Leur perspective est essentielle pour mettre en lumière les problèmes que soulève l’expansion rapide de cette production. »

Même si son objectif principal est d’informer la population, les consommateurs et les chercheurs sur la situation des travailleurs indonésiens dans les plantations de palmiers à huile, Jean‑François Bissonnette avoue qu’il aimerait bien que ses travaux contribuent à améliorer la qualité de vie de ces travailleurs.

La bourse William-E.-Taylor est accordée, chaque année, au meilleur chercheur titulaire d’une bourse de doctorat du CRSH.