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Alan Durston

Prix Aurore du CRSH

Prix Aurore du CRSH : Alan Durston  

« Je m’intéresse aux questions cruciales liées au bilinguisme ainsi qu’à la revitalisation des langues au Pérou et au Canada. »

Lorsque le lauréat du prix Aurore du CRSH Alan Durston est venu au Canada, en 2007, il avait une petite idée du caractère « typiquement canadien » de sa recherche.

Élevé au Chili, M. Durston a étudié l’histoire de la région des Andes pendant plus de 20 ans − d’abord comme étudiant au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Chili et plus tard en tant que professeur invité dans plusieurs universités américaines. Étant maintenant professeur d’histoire à l’Université York, il est mondialement reconnu comme étant un expert en histoire écrite du quechua, la principale langue autochtone du Pérou.

Les travaux qu’il mène présentement portent sur l’effervescence qu’a connue la littérature quechua de 1900 à 1975, passant des textes religieux écrits par des missionnaires à des textes destinés au théâtre, à la poésie, au journalisme et à la propagande politique. Cette diversification est en partie attribuable aux efforts déployés par l’élite péruvienne, qui souhaitait ainsi établir les bases d’une identité nationale.

« C’est une question de politiques linguistiques, de volonté de promouvoir des langues marginalisées et de faire du Pérou un pays bilingue, explique le chercheur. Je craignais que la plupart des gens ne trouvent ce sujet trop accessoire, trop spécialisé, mais je me suis aperçu qu’un certain nombre de collègues d'histoire canadienne étudient des sujets semblables. »

Alan Durston croit que l’exemple du Canada pourrait être utile au Pérou, dont les tentatives visant à instaurer le bilinguisme ont en grande partie échoué. Il constate que le nombre des personnes qui parlent le quechua est en déclin, et ce, même si c’est la langue autochtone la plus parlée de l’hémisphère Ouest.

« Je veux remettre au goût du jour ces efforts d’il y a 50 à 100 ans et montrer leur pertinence quant à ce qui se passe aujourd’hui, affirme-t-il. Je considère que ma recherche, qui met en valeur les expériences du passé, pourrait être profitable aux projets de revitalisation de la langue qui sont en cours au Pérou. De nombreuses personnes ne savent même pas qu’il existe des textes en langue quechua. »

Dans le cadre du projet qui lui a valu le prix Aurore, M. Durston rédigera un ouvrage, qui sera publié en anglais et en espagnol. Il souhaite également mettre en ligne un certain nombre de textes écrits en quechua afin de les rendre accessibles au grand public.

« À l’heure actuelle, ceux qui parlent le quechua croient qu’il y a peu de textes dans cette langue et que, de ce fait, il y a peu de gens qui en lisent et qui en écrivent, souligne-t-il. J’espère que mes travaux contribueront à susciter un plus grand intérêt sur le plan de la lecture et qu’ils favoriseront l’appréciation de cette langue. »

Le prix Aurore du CRSH est décerné, chaque année, à un nouveau chercheur exceptionnel qui est en voie de se bâtir une réputation grâce au caractère passionnant et original de ses travaux en sciences humaines.