Gouvernement du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Principales conclusions tirées de l’étude intitulée Promoting International Mobility in Doctoral Education: A Review of Issues, Policies, Programs

1. Contexte

En 2005, le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) a élaboré une stratégie internationale dans le but d’accroître l’excellence de la recherche en misant sur l’internationalisation de la recherche concertée et de la formation en recherche. L’un des objectifs particuliers énoncés dans cette stratégie vise à « offrir aux stagiaires en recherche plus d’occasions d’étudier à l’étranger et de mener des travaux de recherche dans un contexte international, notamment en favorisant leur mobilité ».

Par la suite, le CRSH a commandé une étude en deux étapes, Promoting International Mobility in Doctoral Education: A Review of Issues, Policies, Programs (Jane Knight, 2008-2009), afin d’examiner les enjeux relatifs à la mobilité internationale des étudiants de doctorat et de déterminer s’il est nécessaire d’apporter des modifications aux programmes actuels.

La première étape de l’étude visait :

  1. à examiner et à évaluer le taux de participation actuel ainsi que les programmes et les mécanismes offerts pour soutenir la mobilité internationale des étudiants de doctorat en sciences humaines du Canada;
  2. à préciser les facteurs qui motivent et aident les étudiants de doctorat à partir à l’étranger pour vivre de nouvelles expériences ou les empêchent d’y aller;
  3. à définir les différentes options qui s’offrent au CRSH et ce que chacune d’elles implique1.

La seconde étape de l’étude visait :

  • à approfondir l’analyse des résultats de l’enquête portant sur l’évaluation globale du Programme de bourses d’études supérieures du Canada en comparant les réponses des étudiants de doctorat financés par le CRSH et celles des étudiants de doctorat financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) ou les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC);
  • à déterminer les bonnes pratiques actuelles concernant la mobilité internationale des étudiants de doctorat grâce à l’examen de politiques et de programmes d’autres pays;
  • à inventorier les récents articles, rapports et documents de politiques, parus en Europe et aux États-Unis, qui traitent des questions d’actualité, des derniers changements et des réformes concernant l’éducation au niveau du doctorat ainsi que de sa dimension internationale.

Il s’agit de la première étude qui présente un profil de la mobilité internationale des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et analyse les programmes de bourses qui sont actuellement offerts aux étudiants de doctorat en sciences humaines du Canada qui souhaitent poursuivre des études à l’étranger pour une courte période ou jusqu’à l’obtention de leur diplôme.

2. Sources des données

Les principales données utilisées pour réaliser l’étude proviennent :

  1. de la base de données AMIS du CRSH – L’étude concernait les candidats des programmes de bourses de doctorat, les détenteurs de bourses de doctorat du CRSH de 2002 à 2007 et les détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada de 2004 à 2007. La base de données AMIS ne contient toutefois pas de renseignements sur l’expérience de courte durée à l’étranger des candidats et des détenteurs de bourses. Elle indique uniquement si les étudiants ont mené toutes leurs études au sein d’une université étrangère ou non;
  2. de l’enquête sur l’évaluation globale du Programme de bourses d’études supérieures du Canada – L’étude portait sur le taux de réponse aux questions de l’enquête portant sur les aspects internationaux du Programme;
  3. des bases de données des programmes de bourses internationales de Celanese Canada et de bourses internationalistes Bombardier, programmes qui ont été offerts de 1996 à 2006;
  4. des bases de données de Statistique Canada et de l’Organisation de coopération et de développement économiques;
  5. d’entrevues menées auprès de participants et d’intervenants clés;
  6. de sites Web, d’articles, de rapports et de documents de politiques sur l’éducation au niveau du doctorat ainsi que les approches adoptées par d’autres pays pour favoriser la mobilité.

Les programmes de bourses internationales de Celanese Canada et de bourses internationalistes Bombardier sont les seuls à fournir des données relatives au taux de participation des étudiants qui partent à l’étranger pendant de courtes périodes. En outre, seule la base de données AMIS du CRSH fait la distinction entre les étudiants de doctorat et les étudiants de maîtrise qui mènent l’ensemble de leurs études à l’étranger. Ces limites de l’étude devraient être prises en considération à l’étape de l’analyse des données.

3. Statistiques et résultats de recherche

Les étudiants de doctorat en sciences humaines représentent environ 38 p. 100 de tous les étudiants de doctorat du Canada (Statistique Canada, 2006). L’âge, le sexe et le seuil d’endettement sont des facteurs qui ont une incidence sur la possibilité ou la difficulté qu’a un étudiant de mener une partie ou l’ensemble de ses études à l’étranger. Cette étude révèle entre autres :

  • qu’en moyenne, environ 13 p. 100 des candidats aux programmes de bourses du CRSH prévoyaient faire des études à l’étranger entre 2002 et 2007;
  • que le nombre de détenteurs de bourses de doctorat du CRSH menant des études à l’étranger a considérablement varié durant la période étudiée, ce qui est peut-être dû au lancement du Programme de bourses d’études supérieures du Canada en 2004. Cependant, en moyenne, 22 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat ont poursuivi leurs études à l’étranger entre 2002 et 2007;
  • qu’un plus grand nombre d’étudiants en « humanités » que d’étudiants en sciences « sociales » ont mené des études à l’étranger, et ce, selon des données obtenues à la suite d’une analyse par discipline. Cette constatation ne concorde pas avec la tendance mondiale qui veut que plus d’étudiants en sciences sociales optent pour des études à l’étranger;
  • que les détenteurs de bourses de doctorat du CRSH préfèrent mener leurs études dans les cinq pays suivants : les États-Unis (65 p. 100), le Royaume-Uni (26 p. 100), la France (4 p. 100), l’Australie (1 p. 100) et l’Allemagne (1 p. 100) – précisément des pays où l’on parle l’une des deux langues officielles du Canada et où le système d’éducation est réputé comme étant de très bonne qualité et comparable à celui du Canada;
  • qu’environ 28 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et 25 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada ont des intérêts de recherche qui concernent des pays qui ne sont pas en Amérique du Nord, notamment les pays d’Europe. Ces intérêts de recherche pourraient être de bons indicateurs de destinations possibles pour mener des études de courte durée à l’étranger. Ce penchant pour les pays nord-américains et européens ne devrait pas empêcher les étudiants qui désirent étudier ailleurs de le faire. D’autres facteurs, comme les enjeux linguistiques, culturels et financiers, doivent cependant être pris en compte;
  • que, de 2004 à 2007, seuls 3 p. 100 des étudiants qui se sont vu offrir une bourse de doctorat du CRSH et qui avaient l’intention d’étudier à l’étranger ont laissé passer l’occasion pour accepter plutôt une bourse de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada d’une valeur plus élevée. Par contre, 10 p. 100 des étudiants qui se sont vu offrir une bourse de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada l’ont refusée pour mener plutôt l’ensemble de leurs études à l’étranger.

Les commentaires suivants des étudiants financés par le CRSH concernant la mobilité internationale ont été tirés de l’enquête sur l’évaluation du Programme de bourses d’études supérieures du Canada :

  • 69 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et 56 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada ont indiqué qu’ils trouvaient important d’entreprendre un programme de doctorat dans une université étrangère. Pour 23 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH, cela est extrêmement important, alors que seulement 3,9 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada partagent ce même avis;
  • 76 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et 72 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada sont d’avis que la mobilité internationale de courte durée a joué un rôle important dans l’évolution de leur carrière;
  • 64 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et 59 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada reconnaissent qu’une certaine expérience acquise à l’étranger, notamment en ce qui a trait à la collecte de données, aux cours, au travail sur le terrain, aux stages et à l’apprentissage d’une langue est essentielle à la réalisation de leurs études supérieures;
  • parmi les 10 critères énoncés dans le sondage quant à la décision de mener des études à l’étranger, les détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et les détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada ont défini la participation à des colloques ou à des ateliers, le développement de carrière et l’acquisition d’une expérience de vie comme étant les trois plus importants. Toutefois, au moins 55 p. 100 d’entre eux ont estimé que tous les critères énumérés étaient importants. Cette diversité de critères reflète bien les raisons qui poussent les étudiants à partir étudier à l’étranger;
  • 45 p. 100 des répondants du CRSH, contre 31 p. 100 des répondants du CRSNG et 35 p. 100 des IRSC, ont estimé que le facteur financier était celui qui pesait le plus dans leur décision de mener ou pas des études à l’étranger. Il faudrait étudier ce point de façon plus approfondie. Un plus grand nombre de bourses offertes dans les disciplines du génie et de la santé ou un plus grand nombre d’étudiants financés par le CRSH ayant déjà mené des études à l’étranger et, de ce fait, connaissant mieux les exigences financières liées à ce type d’expérience, pourraient entre autres expliquer l’obtention de tels pourcentages.

Facteurs influençant la mobilité internationale des étudiants de doctorat

L’étude fait ressortir quatre catégories de facteurs qui représentent des obstacles à la mobilité internationale des étudiants. L’objectif était ici d’accorder une attention particulière à ces obstacles afin d’en minimiser l’impact en termes de politiques et de programmes et d’appui logistique et financier offert par les établissements d’enseignement supérieur. Ces catégories sont les suivantes :

Financement : incapacité, pour les étudiants, de financer seuls leurs déplacements et leurs coûts de vie à l’étranger; fort endettement des étudiants; improbabilité, pour les étudiants, d’obtenir des fonds, des subventions ou des prêts pour financer leurs déplacements et leurs coûts de vie à l’étranger; impossibilité, pour les étudiants, en raison des conditions d’utilisation de leur bourse, de mener l’ensemble de leurs études à l’étranger.

Enjeux d’ordre universitaire :
absence, dans l’université ou le département d’attache, de liens avec des partenaires internationaux susceptibles de permettre aux étudiants de partir à l’étranger; non-reconnaissance des crédits universitaires obtenus à l’étranger; inexistence de services, dans l’université d’attache, favorisant l’acquisition d’une expérience d’études à l’étranger au niveau du doctorat.

Temps et responsabilités personnelles :
impossibilité, pour les étudiants, de mener leurs études à l’étranger pour une courte période ou jusqu’à l’obtention de leur diplôme en raison d’un emploi ou de responsabilités familiales.

Enjeux culturels et linguistiques :
insuffisance, chez les étudiants, des compétences linguistiques nécessaires pour étudier dans un pays étranger; inquiétude, de la part des étudiants, quant à leur sécurité à l’étranger.

Le fait que les détenteurs de bourses de doctorat du CRSH et les détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada accordent beaucoup d’importance à ces facteurs laisse supposer que les étudiants qui souhaitent mener des études à l’étranger doivent, au moment de prendre leur décision, tenir compte d’un large éventail de facteurs.

C’est à la catégorie « financement » que les étudiants accordent le plus d’importance au moment de décider de mener ou non des études à l’étranger pour une courte période ou jusqu’à l’obtention de leur diplôme. L’étude sur la mondialisation menée par l’Association des universités et collèges du Canada en 2007 arrivait à la même conclusion.

Selon les étudiants, la catégorie des « enjeux d’ordre universitaire » représente le deuxième plus important obstacle à leur mobilité internationale. La catégorie des « responsabilités personnelles » en serait le troisième et celle des « enjeux culturels et linguistiques », le quatrième.

Comparaison des réponses formulées par les étudiants du domaine des sciences humaines, des sciences naturelles et du génie ou de la santé

Dans le cadre du sondage mené en 2008 sur l’évaluation du Programme de bourses d’études supérieures du Canada, les réponses des étudiants de doctorat du CRSH, du CRSNG et des IRSC concernant leur mobilité internationale révèlent les points suivants :

  • 59 p. 100 des répondants du CRSH, contre 48 p. 100 des répondants du CRSNG et 36 p. 100 des IRSC, ont déjà mené des études à l’étranger;
  • 64 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du CRSH, contre 53 p. 100 des détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada, possèdent une expérience d’études à l’étranger;
  • les répondants du CRSH sont plus enclins que ceux du CRSNG ou des IRSC à affirmer que leur expérience à l’étranger a joué un rôle important dans la réalisation de leurs études (CRSH : 30 p. 100, CRSNG : 17 p. 100, IRSC : 17 p. 100) et leur cheminement professionnel (CRSH : 29 p. 100, CRSNG : 18 p. 100, IRSC : 19 p. 100). Quelque 30 p. 100 des répondants du CRSH accordent beaucoup d’importance aux expériences de mobilité internationale dans la réalisation de leurs études et de leurs recherches ainsi que dans l’orientation de leur cheminement professionnel;
  • 14 p. 100 des répondants du CRSH, contre 9 p. 100 des répondants du CRSNG et 6 p. 100 des IRSC, accordent énormément d’importance à la possibilité de mener l’ensemble de leurs études à l’étranger. Plus de détenteurs de bourses de doctorat du CRSH, du CRSNG ou des IRSC que de détenteurs de bourses de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada en ont fait une priorité;
  • le classement des 10 facteurs motivant les étudiants à acquérir une expérience d’études à l’étranger est très différent pour les répondants du CRSH, du CRSNG et des IRSC. Pour les répondants du CRSH, les principaux facteurs de motivation correspondent à la collecte de données, au travail sur le terrain et à l’acquisition d’une expérience de vie. Pour les répondants du CRSNG et des IRSC, les principaux facteurs de motivation correspondent à la participation à des ateliers et à l’avancement professionnel. En outre, un plus grand nombre de répondants du CRSH que de répondants du CRSNG ou des IRSC accordent énormément d’importance à l’acquisition d’une expérience de vie et au contact avec une autre culture;
  • tous les répondants sont d’avis que le facteur financier représente l’obstacle le plus important à leur mobilité internationale. Les enjeux d’ordre universitaire, tels que l’obtention d’agréments, le choix d’un superviseur et l’appui de l’université d’attache, représentent le deuxième plus important obstacle.

Pour obtenir une copie de la version intégrale de l’étude, veuillez communiquer avec :

Sylvie Paquette
Gestionnaire, Politiques et collaboration internationale
Courriel : Sylvie.paquette@sshrc-crsh.gc.ca
Téléphone : 613-992-3146

Notes : 1. L’étude ne concerne que les étudiants ayant reçu une bourse de doctorat du CRSH ou une bourse de doctorat du Programme de bourses d’études supérieures du Canada. Les étudiants de maîtrise ne font pas partie de l’étude.